Pourquoi les instruments de musique s’accordent-ils sur le La ?

orchestra

Si vous êtes musicien depuis votre tendre enfance, vous avez probablement le La dans l’oreille !! Cette jolie note qui permet aux instrumentistes d’accorder leur instrument de musique.

Et si vous n’êtes pas musicien, mais que vous avez déjà assisté à des concerts de musique classique, vous avez probablement entendu ce brouhaha (qui n’en est pas vraiment un) précédent le début d’un concert. Cet instant solennel signifiant aux spectateurs que le concert va commencer, pendant lequel tous les musiciens s’accordent sur le La.

Revivons ce moment auditivement

Mais comment le La est-il devenu la norme en accordage d’instruments ?

Nous parlons d’un La (ou A en anglais), mais pour être très précis, il faut parler d’un La3. Il s’agit de l’une des cordes jouée à vide que l’on retrouve à la fois sur les violons et les altos. Dans la vidéo précédente, on peut entendre un orchestre s’accordant avant le début du concert, mais notez que le La3 sert aux orchestres mais aussi à tout autre groupe de musique, peu importe son style et peu importe l’instrument. C’est généralement la note repère de la plupart des diapasons permettant d’accorder un instrument de musique.

Une histoire de fréquences

Si le La3 a aujourd’hui une fréquence de 440Hz (ce qui signifie 440 vibrations par seconde), ce ne fût pas toujours le cas par le passé.

Avant 1953, la fréquence du La3 était fonction de chaque pays, voire de chaque orchestre et compositeur. Le La3 s’adaptait aux habitudes de chaque pays, et aux conditions de chaque représentation. En effet, le son joué par les instruments de musique dépend des conditions extérieures notamment de la température ambiante. Si vous êtes musicien, vous savez forcément que le son de votre instrument évolue en fonction d’un changement de température ou d’humidité. Avant 1953, et si aucune norme n’existait, on accordait les instruments entre eux en partant d’un instrument de référence ne se désaccordant pas et étant moins influencé que les autres par les conditions extérieures, comme par exemple les instruments à vent (flûtes, trompettes, etc.)
Par exemple, en France, le La3 était normé comme suit : 435Hz à une température de 18 degrés.

Ces nombreux changements de fréquence entre les La3 de chaque pays compliquaient la tache des musiciens. Ils avaient beaucoup de mal à s’adapter à chaque pays et parfois il leur fallait du temps pour arriver à accorder ensemble leurs instruments. Un réel besoin de normalisation s’imposait…
C’est lors de la conférence internationale de Londres en 1953 que la norme du La3 est définie à une fréquence de 440Hz. Ce La3 à 440Hz est désormais la référence pour tous les orchestres du monde.

Une exception : les orchestres spécialisés en musique ancienne

Cependant, le La3 n’est pas la référence des orchestres spécialisés en musique ancienne. Ces orchestres vont respecter les conditions anciennes de jeu en utilisant le La3 de référence de la musique jouée. En effet, selon les caractéristiques de la musique, l’orchestre spécialisé en musique ancienne va utiliser un La3 de référence différent. Quelques exemples, on utilise :

  • 466Hz pour de la musique de la Renaissance,
  • 440Hz pour du baroque vénitien,
  • 415Hz pour du baroque allemand,
  • 392Hz pour du baroque français, etc.

On retrouve ces La3 de référence à l’aide d’instruments ne se désaccordant pas fabriqués à l’époque de la musique ancienne que l’on souhaite jouer.

L’Histoire montre que le La3 a énormément évolué et sa fréquence n’a cessé d’augmenter, jusqu’à atteindre les 440Hz. Il se dit que cette augmentation serait due à une théorie démontrant que plus un instrument est accordé sur un diapason élevé, plus il sonnerait remarquablement.
Il est assez facile d’entendre la différence entre plusieurs La3 différents, exemple avec cette vidéo proposant 3 extraits de morceaux passant de 432Hz, à 440Hz et enfin à 448Hz. Libre à vous de choisir la fréquence qui vous semble la plus musicale !

Source : Wikipédia.
Photo de Larisa Birta.